BLOCAGE ET REPORT DES ELECTIONS EN CI: LE PEUPLE DERNIER RECOUR

Publié le par abib dodo

 

 

 

Selon le dictionnaire (petit Larousse illustré 1987), le mot peuple vient du mot latin populus et qui signifie : ensemble d’hommes habitant ou non sur un même territoire et constituant une communauté sociale ou culturelle aussi comme l’ensemble des citoyens d’un pays constituant la majorité de la nation et disposant d’un moindre pouvoir économique. Cette communauté sociale et culturelle n’est donc pas un ensemble homogène. Elle est donc repartie à travers divers couches sociales.  

On peut donc en dénombrer six catégories d’une manière globale. Ce sont la classe ouvrière et autres travailleurs, la masse paysanne, la population scolaire et estudiantine, les chômeurs de toutes catégories (diplômés ou non),  les propriétaires d’entreprise et enfin les bureaucrates qui se partagent le pouvoir depuis sept ans.

Chacune de ses  composantes a des revendications ayant des spécificités. Pour la paysannerie, elle est préoccupée par le pillage de ses ressources, donc ce qui l’intéresse c’est comment faire pour ne plus être spoliée de ses revenus et comment faire pour que les pilleurs soient punis. Elle  réclame plus de transparence dans la gestion des ressources générées par son travail, elle se bat enfin pour le règlement de la question foncière rurale dans la préservation des droits acquis pour le retour de la paix à la campagne. Pour la classe ouvrière et autres travailleurs, leurs préoccupations sont la revalorisation de leurs salaires face au coup de la vie qui ne cesse de grimper, qu’il soit payé au moins au Smig et revendique plus de justice et de libertés dans les entreprises et que l’Etat soit à leur côté pour les protéger de l’exploitation capitaliste. Quant aux élèves et étudiants, ils réclament de meilleures conditions d’étude qui passent par la construction de nouvelles écoles et universités pour mettre fin au fort taux de déchets que produit notre système éducatif actuel. Il réclame la fin de l’impunité sur l’espace universitaire et scolaire et plus de libertés sur cet espace. Il réclame la fin de la formation de chômeur en puissance par l’Etat néocolonial. Les diplômés au chômage et autre sans emplois veulent du travail et revendique plus d’équité, de transparence et d’égalité dans l’organisation des concours de la fonction publique et dans le recrutement sur le marché du travail en général. Quant aux propriétaires d’entreprise leurs préoccupations comme tout capitaliste, c’est l’exploitation de toutes les personnes en quête d’emplois pour faire le maximum de profit et la sécurité de leurs affaires. Enfin les bureaucrates demandent que les élections se tiennent afin qu’une fraction puisse prendre les reines du pouvoir néocolonial. Donc comme on le voit ces différentes composantes de la société ivoirienne ont des préoccupations différentes même si en toile de fond toutes ces catégories de personnes posent des problèmes de liberté et de démocratie, d’éthique et de probité.

La sortie de crise devrait donc intéresser toute la population ivoirienne. Mais par rapport à la sortie de crise, il faut ranger cette population en deux catégories. La première catégorie est celle composée de tous ceux qui sont préoccupées par l’enrichissement immédiat, rapide, par n’importe quel moyen. Ceux là non que faire des questions d’éthique et de probité. Ils sont prêt à commettre des crimes, à s’adonner à la tricherie, au mensonge pourvu que cela leurs rapportent ici et maintenant quelques poignées de francs CFA. Au plan politique, ils ont partagé le pouvoir et ils ne sont pas prêt à aller aux élections, ils créent tous les blocages et trainent les pieds pour appliquer les décisions qu’eux même ont arrêté librement, dans les partis politiques proches des divers groupes, les militants et autres responsables politiques se comportent comme des mercenaires passant d’une formation politique à une autre à la recherche effrénée de prébendes. C’est cette catégorie qu’on retrouve dans les divers groupes mafieux, milices et parrains de milices et qui est symbolisé par les différents clans bourgeois qui partagent aujourd’hui le pouvoir  et qui vivent de rackets, de vols et de corruption. Ce premier groupe ne subit pas les effets de la crise et n’est donc nullement pressé et intéressé par la sortie de crise car vivant, dans les conditions actuelles, de l’économie de guerre.

La seconde catégorie est composée de l’immense majorité de la population qui mettent en avant les valeurs éthiques. Cette population aspire au travail, à être bien formée, à profiter des fruits des richesses qu’elle crée. Elle veut participer à la construction  d’une société où prévalent des valeurs de libertés et de démocratie où il y ait  des valeurs éthiques qui ne permettent pas que des criminels politiques et économiques restent impunis. Ceux là souhaitent que la crise se termine au plus vite. La population étant divisée en classe sociale, elle est liée à une idéologie et n’a pas les même intérêts de classes que ceux qui l’oppriment et qui jouissent des délices du pouvoir néocolonial et de prébendes. C’est pourquoi, les partis politiques qui contribuent à la production des idéologies, ont eux aussi leur responsabilité, car par leurs comportement et leur engagement, ils contribuent soit à maintenir le peuple dans la misère et l’ignorance soit ils l’éduquent afin qu’il apprennent à se prendre en charge et à s’engager dans la lutte pour son émancipation. Parler de la responsabilité du peuple face au blocage et au refus de la bourgeoisie de mettre fin à la crise, revient à s’interroger d’abord pour savoir si le peuple ivoirien est prêt à se battre pour l’intérêt général, donc à se ranger dans le camp de la deuxième catégorie du peuple indiquée ci-dessus.

La crise ne peut donc prendre fin que si les masses laborieuses consciente et attachée aux valeurs éthiques réussissent à étendre leur influence sur l’ensemble, ou à tout le moins sur la majorité de la population afin de les engager dans le combat pour la sortie de crise. Cette prise de conscience générale permettra au peuple de jouer un rôle important dans le processus de sortie de crise dans la construction d’une société mettant en avant l’éthique. Dans le cas contraire si les masses populaires ne s’engage pas, elles ne seront pas déterminante dans le processus de sortie de crise car nous sommes dans une économie de guerre qui est une économie mafieuse où il suffit de disposer d’une kalachnikov, d’être fort physiquement ou  d’avoir une portion du pouvoir néocolonial pour racketter et voler la population laborieuse.

Cette lutte du peuple ne peut se faire da façon isolée. Il  doit donc s’organiser en comités de lutte populaire pour pousser la coalition bourgeoise actuelle au pouvoir à organiser les élections en utilisant tous les moyens de pression possible. Des combats s’annoncent donc. Il s’agit des : combats pour l’inscription de tous les citoyens ivoiriens sur la liste électorale, pour l’acquisition des cartes d’identité et des cartes d’électeurs, pour la sécurisation des électeurs le jour du scrutin. Après tous ces combats, comme cela se dessine, s’il n’y a pas d’élection le (29) novembre, que doit faire le peuple? il doit continuer son combat sans se décourager. C’est la couche du peuple qui aura conscience de la nécessité d’une société démocratique et libre  qui se mettra débout pour que cesse l’imposture. Les masses populaires ne peuvent pas le faire seule, mais doivent se ranger aux côtés des partis politiques qui se battent pour une société libre, démocratique et moderne afin de :

-         mettre fin à la présence des armées étrangères (43Eme BIMA et ONUCI) sur le sol national,

-         mettre un terme définitif à la guerre par le désarmement de toutes les forces armées au conflit et mettre en place une armée républicaine,

-         mettre en place une constituante pour la rédaction d’une constitution démocratique garantissant les libertés, le contrôle et la révocabilité des élus par les mandants, consacrant la liberté de l’appareil judiciaire par l’élection des hauts magistrats et leur révocabilité par leurs collègues,

-         organiser  des élections transparentes,

-         mettre fin au conflit sur le foncier rural par la reconnaissance et la sauvegarde des droits acquis.

-         mettre fin à tous les accords de sujétions qui aliènent la souveraineté nationale,

-         Procéder au retour des secteurs économiques importants aux mains des multinationales dans le patrimoine national.

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