L’ÉVEIL POLITIQUE

Publié le par abib dodo

Organe d’Information du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

Directeur de la Publication : Achy EKISSI / Rédacteur en chef : Zobila KONE

Edition R.P / N° 008 du 16 au 31 janvier 2010 /Contribution : 100 FCFA

 

 

Editorial : Bonne et heureuse année 2010!

C’est peu de dire que l’année 2009 a été pour le prolétariat et les masses populaires de Côte d’Ivoire une année de cauchemars comme les autres années d’ailleurs depuis le déclenchement de la guerre réactionnaire du 19 septembre 2002.

L’économie ivoirienne a continué sa décente aux enfers, jetant à la rue des milliers de pères de familles sans protection sociale. Le chômage est devenu la situation sociale normale des ivoiriens. Ceux des salariés encore en activité ont subi de plein fouet l’inflation qui ronge leur pouvoir d’achat. Pour ces travailleurs, les bonzes syndicaux UGTCI, FESACI et DIGNITE en signant la trêve sociale avec le patronat, leur ont interdit toute possibilité légale de revendications. Face à toutes ces situations, les enseignants, le corps médical, les agents des ministères, les greffiers, etc  ont osé revendiquer leurs droits et lutter. Mais, le pouvoir de Gbagbo les  a méprisés, humiliés, réprimés, jetés en prison, réquisitionnés. Bravo ! Vous avez eu raison de lutter et nous sommes persuadés que malgré les intimidations et les menaces proférées en votre endroit par le président de la république lors de la présentation des veux de bonne année, votre détermination ne sera pas entamée. Vos luttes sont légitimes car le camp de Gbagbo, le camp des bourgeois ne se privent de rien alors qu’ils vous demandent de vous priver de tout pour sauver la Côte d’Ivoire.

Les paysans ont vu le prix du cacao fixé à 950 francs CFA le kg. Beaucoup se sont réjouis de cette nouvelle. Soit dit en passant, les autres produits coton, anacarde, palmiers à huile, hévéa ont connu une chute drastique de leurs prix au cours de l’année 2009. Pour le cacao, sans la détermination de votre organisation syndicale, l’USYPACI, les acheteurs véreux auraient saboté comme d’habitude cette campagne à leur profit en achetant les produits en dessous des prix fixés. Encore une fois bravo, braves paysans ! Avec votre détermination, des jours nouveaux se lèveront bientôt à la campagne dans toutes les régions, pour toutes les filières agricoles.

La jeunesse a également connu une année plus que difficile avec des échecs de plus de 75% dans les  classes de 3ème et terminale ; ceux des universités publiques continuent de souffrir du blocage dû au non respect par le pouvoir des promesses d’augmentation de salaires des enseignants. Nos espérons qu’en 2010, cette jeunesse sortira de l’apathie ou des organisations qui se battent  à la machette pour emprunter  le chemin des batailles pour une école nouvelle aux côtés du prolétariat et des masses populaires.

Enfin, tous, assistons à la confiscation du pouvoir, aux manœuvres de blocage du processus électoral pour empêcher l’expression de la souveraineté populaire. Nous pouvons vous dire sans détour que sans votre détermination à chasser les vampires actuellement au pouvoir, il n’ ya aura pas d’élections, ou si celles-ci interviennent, elles seront accompagnées de violences réactionnaires perpétrées par les bourgeois qui ont un seul objectif gagner ou conserver le pouvoir par la fraude électorale ou la force militaire.

Ouvriers, paysans, jeunes, que 2010 soit pour vous l’année de mobilisation et de luttes véritables pour une Côte d’Ivoire débarrassée des vampires et des dictateurs.  La Rédaction

 

Sommaire 

Page 1 : EDITORIAL : Bonne et heureuse annee 2010 !

Page 2- : Les mouvements sociaux : Les travailleurs refusent de se laisser gouverner comme avant.

Page 3-4 : Elections présidentielles en Côte d’Ivoire : Les acteurs politiques du processus de sortie de crise ont-ils envie d’aller aux  elections ?

 

 

 

MOUVEMENTS SOCIAUX DE FIN D’ANNEE: LES TRAVAILLEURS REFUSENT DE SE LAISSER GOUVERNER COMME AVANT.

FARABA JUNIOR

 

Les enseignants du public toute catégorie confondue, les greffiers de côte d’ivoire, les assistants sociaux et travailleurs sociaux du secteur de l’éducation, les agents des sous préfectures… sont entrés en grève de novembre à décembre 2009 pour réclamer des augmentations de salaires, pour défendre leurs emplois en exigeant la signature ou l’application de décrets clarifiant leur statut ou leur profil de carrière. D’autres travailleurs notamment ceux du secteur de la santé (médecins, infirmiers, sages femmes, garçons et filles de salles non déflatés de 1998, les aide- soignants recrutés en 1989) ont également déclenché un mouvement de grève puissant et ferme pour les mêmes raisons précitées. Il est important de noter que beaucoup parmi les corps sociaux  entrés en grève avaient eu des accords avec le gouvernement après d’âpres négociations et de farouches batailles. Des engagements avaient été pris par le pouvoir et des échéances de mise en application des décrets avaient été arrêtées pour certains corps de métiers avec l’accord de toutes les parties. Mais à la pratique, tous ces accords ont été foulés au pied par le gouvernement avec mépris sans autres formes de procédures, reniant ainsi sa propre signature et parole.

Ensuite, il est important de remarquer que les différents groupes sociaux se réunissent de plus en plus en collectifs de syndicats pour engager la bataille contre l’Etat. La raison est que les centrales syndicales jaunes (UGTCI, FESACI, DIGNITE) ont trahi depuis le début de cette crise la confiance des travailleurs en signant avec le patronat une trêve sociale indéterminée, bloquant ainsi toutes revendications. Ces centrales syndicales sont devenues des casseurs de grèves, des policiers qui dénoncent les grévistes.

Il faut noter aussi que les travailleurs ont décrypté aujourd’hui le double jeu du gouvernement et du chef de l’Etat, Laurent Gbagbo et ne sont plus prêts à se laisser abuser par celui-ci. Le pouvoir Gbagbo affiche un mépris sans précédent face aux revendications des travailleurs. Au moment où les services publics sont bloqués, Gbagbo Laurent préfère aller festoyer avec l’autocrate Théodoros N’guéma  Obiang de guinée équatoriale pendant que son premier ministre se ballade dans les zones CNO après la rencontre du CPC à Ouagadougou. Là, où les travailleurs attendent  des réponses à leurs revendications, ils reçoivent la soldatesque et la milice FESCI pour les mâter et les jeter en prison.

Les travailleurs quant à eux ont observé et continuent d’observer une fermeté et une détermination sans faille. Ils ont cerné le double jeu et la démagogie du pouvoir. Ils ont compris que la crise ne saurait justifier une quelconque trêve sociale. Ils refusent de payer la crise du système néocolonial car les fractions bourgeoises au pouvoir s’enrichissent de manière illicite. Ils vivent dans l’opulence et le gaspillage des ressources générées par le fruit du travail des masses laborieuses. Laurent Gbagbo ne manque aucune occasion de leur rappeler que la Côte d’Ivoire est riche. Oui, elle est riche parce qu’elle n’a pas gagné autant d’argent ces vingt dernière années que pendant cette crise ; si elle est riche, c’est parce qu’il y a des travailleurs qui créent des richesses grâce à leurs travail. Il faut donc qu’ils soient payés selon leur travail. Les travailleurs de Côte d’Ivoire ont compris et ils ont décidé de ne plus se laisser gouverner comme avant, car ils sont de plus en plus convaincu qu’ils n’obtiendront rien sans lutter contre ce pouvoir; ils n'obtiendront même pas le respect de sa propre signature et parole car le pouvoir  Gbagbo-Soro n’attend pas céder d’un pouce. Ce gouvernement est prêt à tout pour bloquer toutes les ressources afin de maintenir son train de vie et afin de faire face aux remboursements des dettes envers le FMI et la Banque Mondiale dans le but de bénéficier du PPTE, un autre programme de misère concocté par ces mêmes officines après l’échec des PAS (programme d’ajustement structurels).

Du chemin reste encore à parcourir et la vigilance doit être de rigueur de la part des travailleurs ; ils doivent avancer vers l’unité de luttes de tous les corps sociaux dans leurs revendications, face au même employeur, les gouvernants. juniorfaraba@yahoo.fr

 

ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN CÔTE D’IVOIRE : LES ACTEURS POLITIQUES DU PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE ONT-ILS ENVIE D’ALLER AUX ELECTIONS ?

FARABA JUNIOR

 

La bourgeoisie ivoirienne et l’impérialisme international en général et français en particulier font croire que les élections sont la seule issue à la crise du système néocolonial. Toute les fractions politiques de la  bourgeoisie ivoirienne sont  donc unanimes pour aller à des élections afin de choisir qui d’entre elles sera chargée de la gestion des intérêts bourgeois en général. Mais la question qui se pose est de savoir à quelles conditions sont-elles prêtes à aller à ces élections ? Au regard des agissements des uns et des autres, la réponse à cette question est toute nette : Chacun est  prêt à aller à ces élections à condition d’être sûr de les gagner. Tous disent être pressés d’aller à ces élections ; pourtant celles-ci ont été reportées successivement six fois sans qu’aucun d’entre eux n’ait bougé le petit doigt. Ceux qui ont des pouvoirs de décision ou de signature notamment le camp présidentiel usent de tous les moyens pour organiser des blocages, car non encore sûrs de l’emporter. Ce camp, à travers le président de la république, qui a le pouvoir de décision et de signature, a aussi la capacité de faire avancer ou retarder le processus, de le ralentir, de le manipuler, ou de l’orienter à sa guise. Voici quelques exemples : A la remise du coffret contenant les résultats de l’enrôlement, le président de la république a demandé un croisement additionnel là où le mode opératoire demandait que les listes soient rendues publiques et que s’ouvre le contentieux électoral. L’on a donc perdu près de deux mois dans cette nouvelle procédure avant que la liste ne soit publiée et affichée dans les centres de collectes, hypothéquant ainsi la date du 29 novembre 2009. Par la suite, le pouvoir a laissé pourrir la grève des greffiers que l’on sait qu’ils sont indispensables dans ce processus du contentieux électoral; le chef de l’Etat a mis plus d’une année pour matérialiser par des décrets les décisions consensuelles arrêtées par les militaires des deux armées sur les questions des grades; il organise de vraies fausses visites d’Etat financées à coup de milliards pour dire «la guerre est finie» alors que le trésor public est incapable de régler les dépenses programmées telles que les dépenses des salaires des agents de la CEI et autres opérateurs du processus électoral. Après moult reports, la dernière période fixée pour les élections à fin février début mars 2010 est à nouveau menacée par la levée de bouclier du clan présidentiel contre Robert Mambé. Ce dernier est menacé d’emprisonnement pour organisation de «fraudes» sur la liste électorale définitive, alors même que celle-ci n’est pas encore confectionnée. L’objectif du clan présidentiel est en réalité de mettre en place une autre commission électorale à sa dévotion pour opérer un passage en force lors des élections.

Pour ce qui est des autres forces politiques qui disputent le pouvoir au FPI, on peut se poser la question de savoir si elles sont vraiment décidées à aller aux élections ? En effet, malgré l’existence d’une Commission Electorale Indépendante dont les dirigeants sont en majorité composés de ces forces politiques, malgré la mise en place du Cadre Permanent de Concertation (CPC) chargé de valider les décisions, le processus électoral est conduit par Laurent Gbagbo seul. Ainsi, toute décision de la CEI lui est soumise avant sa mise en application. Ce fut le cas du mode opératoire des audiences foraines et de l’identification.  Il en fut de même pour l’affichage des listes provisoires. Quant au CPC il a maintes fois prouvé son inutilité. L’exemple le plus récent est la dernière réunion du CPC où Bédié et Ouattara se sont contentés de s’aligner sur la position du camp présidentiel qui disait que si le 29 novembre 2009 n’a pu être tenu c’est à cause des retards techniques du fait des opérateurs techniques et de la CEI sans évoquer un seul instant les blocages organisés par le clan présidentiel et qui ont hypothéqué cette date. Au sortir du CPC, ces deux candidats sont venus s’étaler dans la presse et accuser Gbagbo comme responsable du blocage des élections, alors que le communiqué du CPC dit autre chose.

Ces partis se contentent d’accompagner le camp présidentiel dans la conduite du processus ; ils se contentent de battre campagne pour attendre le moment choisi par Gbagbo pour se rendre aux urnes. Lorsqu’ils observent des blocages, ils se contentent de faire appel aux puissances impérialistes pour leur demander de sanctionner le camp présidentiel. Ils démobilisent leurs bases qui veulent en découdre avec les refondateurs. Ils ont peur du mouvement populaire car ils ont des intérêts diamétralement opposés aux masses. Ils ne sont pas prêts à aller dans le même sens que les masses qui veulent un changement de régime alors qu’eux veulent gérer l’Etat néocolonial. Ces forces politiques ne voient pas plus loin que leurs intérêts bourgeois et les intérêts électoraux individuels. Elles ne font appel au peuple que pour son suffrage ou lorsqu’elles sont menacées. Elles sont donc coupées des préoccupations des masses populaires.

L’autre raison qui fait que ces partis ne peuvent pas s’opposer conséquemment au camp présidentiel est qu’ils qui sont aujourd’hui tous à table et sont préoccupés comme le camp présidentiel et l’ex-rébellion à se remplir les poches des deniers publics à partir des portefeuilles ministériels qu’ils occupent. Ces forces politiques bourgeoises sont une parodie d’opposition. Elles sont diminuées et désarmées face au camp présidentiel qui bloque les élections. Laurent Gbagbo peut donc narguer les ivoiriens et se cacher derrière la CEI pour expliquer la non tenue des élections sachant bien que la CEI est un organe d’exécution soumis aux décisions du pouvoir FPI.  Elle n’a donc d’indépendance que de nom. Laurent Gbagbo peut tenter de destituer le président de la CEI et tenter de récupérer le processus électoral. 

Comme on peut le constater les bourgeois dans leur opposition sont tous intéressés par l’économie de guerre qui leur procure pouvoir et avantages. Ils parlent d’élections mais ne sont pas pressés d’y aller. La Côte d’Ivoire est donc prisonnière des bourgeois qui exploitent les masses populaires, pillent l’économie et les caisses de l’Etat.

Il faut en finir avec une telle situation. Il faut en finir avec les vols des deniers publics, la misère et la paupérisation croissante des masses populaires, les assassinats politiques, le règne de l’impunité, la domination impérialiste, les blocages du processus électoral. Pour en finir, il n’y a qu’une issue, l’issue révolutionnaire, qui, s’appuyant sur la mobilisation et l’action des masses populaires se donneront comme objectif immédiat, la conquête d’un Gouvernement Révolutionnaire Provisoire (GRP). Les peuples de Côte d’ivoire doivent donc se mobiliser, s’organiser, se soustraire de l’influence négative des fractions bourgeoises dites d’opposition pour se donner les moyens politiques et organisationnels nécessaires à leur émancipation afin de réaliser cet objectif immédiat, le GRP, seul gage pour aller à des élections démocratiques et souveraines.  Juniorfaraba@yahoo.fr  

Publié dans politique

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article