ORGANE D'INFORMATION DU PCRCI

Publié le par abib dodo

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L’éveil Politique

Ouvrier Paysan & Populaire

 

Organe d’Information du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

Directeur de la Publication : Achy EKISSI / Rédacteur en chef : Zobila KONE

Editions R.P / N° 10 du 28 septembre au 12 octobre 2010 /Contribution : 100 FCFA

 

Editorial :    ELECTION ET QUETE DEMOCRATIQUE EN COTE D’IVOIRE

La démocratie, dit-on, est le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple. Pour qu’il y ait démocratie, il importe que le peuple ait le pouvoir de décision. Pour ce faire, il faut que le peuple ait accès à l’information scientifique et politique. Face à cette définition de la démocratie, la réalité ivoirienne donne à observer aujourd’hui deux discours traduisant deux conceptions de la démocratie.

Dans le vocabulaire des hauts bourgeois ce mot est galvaudé et utilisé à des fins démagogiques. L’école est détruite par eux pour éviter que le peuple n’accède à la connaissance scientifique et politique. Les élections sont réduites à amener le peuple à choisir des individus et non des programmes politiques. Seuls les leaders hauts bourgeois, présentés comme des Zorro, des génies, des héros ou "bravetchè"  sont mis en avant. Ils sont sensés être capables de trouver solutions à tous les problèmes en dehors de l’initiative des travailleurs et du peuple. Ces deniers appauvris à l’extrême sont transformés en mendiants mis dans la situation d’attente de l’aumône. Le président de la république et son entourage, les hauts bourgeois cossus font des "cadeaux" au bon peuple. Les présidents de la république issus des clans de hauts bourgeois pillent les caisses de l’Etat pour distribuer des dons à quelques éléments de la société et font croire que tous ceux qui les soutiendront auront leur part de gâteau. Or leur rôle est de réaliser un programme de développement économique social et culturel pour améliorer les conditions de vie de toute la population. Les batailles rangées dans la perspective des élections annoncées visent ainsi pour les hauts bourgeois soit à préserver les positions économiques et sociales dominantes actuellement occupées soit à les conquérir pour exploiter et opprimer le peuple.

A l’opposé de la conception et des pratiques ci-dessus décrites, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire dirige un mouvement politique et social qui vise à faire en sorte que le peuple conquiert le pouvoir pour soi afin qu’il soit possible de parler de pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Ce mouvement politique et social nouveau dans notre pays prend la dénomination de mouvement démocratique révolutionnaire. Il réalisera son programme lorsqu’il parviendra au pouvoir d’Etat. Mais il n’attend pas cette échéance pour travailler d’arrachepied à l’organisation du prolétariat, des paysans, des autres travailleurs et de la jeunesse. Un peuple organisé est un peuple capable de se prendre en charge, de ne pas être contraints d’attendre les cadeaux empoisonnés des leaders hauts bourgeois.

En réalité, il n’y a pas de démocratie si le peuple n’est pas organisé et politisé. Cette organisation est le point de départ de la souveraineté du peuple, de l’acquisition de l’instruction, de la culture scientifique et politique nécessaire. C’est également la condition pour qu’il y ait des élections véritablement démocratiques et que la volonté populaire soit érigée en loi.

 

Le Comité de Rédaction

 

 

Sommaire

1.       Elections présidentielles en Côte d’Ivoire : la souveraineté populaire menacée. Que faire ?  ……………. P. 2

2.       Une politique nationale intelligente ne peut ignorer l’histoire du peuplement de la Côte d’Ivoire………..... P. 3

 

 

 

ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN COTE D’IVOIRE : LA SOUVERAINETE POPULAIRE MENACEE. QUE FAIRE ?

 

La date prévue pour l’élection présidentielle avance à grands pas et il n’y a toujours pas de certitude concernant la tenue effective du scrutin. La mauvaise foi du camp présidentiel fait que cette incertitude est grande.

Le processus d’identification a pris fin. Le président de la république a signé le décret validant la liste électorale définitive. Cela constitue un pas important même si à moins de 45 jours de la date prévue,  cette liste électorale définitive n’est toujours pas affichée alors que la loi stipule qu’elle devrait l’être 45 jours avant.  L’on peut également déplorer le fait que de nombreux citoyens ivoiriens ont été extraits, sans raisons valables, de ladite liste. La confection et la distribution des cartes d’identités et des cartes d’électeurs sont toujours attendues ; ce sont là des raisons objectives d’inquiétudes dans la mesure où la distribution de ces documents pendant la campagne électorale peut être cause de cafouillage faisant l’affaire de ceux qui veulent empêcher des ivoiriens d’entrer en possession de ce qui leur est dû ; cela peut également donner de nouveaux prétextes pour le report de l’élection présidentielle. Le regroupement et l’encasernement des combattants des forces nouvelles sont aussi enclenchés. Mais, ce n’est pas encore le cas pour les miliciens qui ont combattu aux côtés des forces loyalistes. Pour le volet financement du processus, le ministère de l’économie et des finances et les partenaires extérieurs ont honoré leurs engagements. Rien ne s’oppose donc au paiement des pécules des éléments démobilisés et de ceux qui sont encasernés. Au vu de tout ce qui précède, il est possible de tenir la date du 31 octobre 2010 à condition que la volonté politique des hauts bourgeois ne vienne une fois encore faire repousser cette échéance.

Le processus d’identification qui vient de s’achever a laissé des milliers de personnes sur le bord de la route. Des personnes n’ont pu se faire identifier à temps, ou se sont retrouvées dans les cas de doublons en raison des défaillances de l’état civil ivoirien. Des magistrats aux ordres du courant national chauvin dont le camp présidentiel est le porte flambeau ont jeté l’anathème sur certains citoyens en déclarant qu’ils sont étrangers. Tous ces cas sont en suspens au moment où la dernière ligne droite de l’élection est abordée. Donc comme on le voit déjà, le prochain président de la république sera choisi par une poignée d’ivoiriens (5.7 millions sur une population avoisinant les 20 millions). Le corps électoral est donc volontairement réduit comme le souhaitent le président de la république et ses partisans. Les dirigeants des autres partis politiques des hauts bourgeois se sont faits complices de cette réduction du corps électoral en accédant aux exigeants inacceptables de Laurent Gbagbo et ses partisans.

 Dans quelles conditions de sécurité cette poignée d’électeurs aura-t-elle à s’exprimer ? Telle est une autre question importante. Des ambigüités demeurent toujours sur la composition et le champ de compétences des forces chargées de la sécurisation des élections. Ceux qui se réfèrent à l’Accord Politique de Ouagadougou indiquent que les forces de sécurisation sont le Centre de Commandement Intégré (CCI)  et les « forces impartiales ». Pour leur part, les partisans du président de la république n’ont de cesse de répéter que le champ d’intervention du CCI est limité aux zones anciennement occupées par la rébellion et que les opérations électorales dans la partie sud du pays seront sécurisées par les forces anciennement loyalistes. Cette discordance sur une question aussi sensible ne peut manquer d’inquiéter. Il est bon de signaler que les milices pro-gouvernementales continuent de sévir à l’ouest et qu’elles détiennent encore tous leurs arsenaux de guerre et ont leur capacité de nuisance sous la protection de certains officiers des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire (FDS-CI). En application de sa vision de la sécurisation du vote, le camp présidentiel a entrepris la création de casernes de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) dans certaines villes réputées bastions de la contestation des mesures arbitraires, notamment les villes de Divo, d’Abengourou, de Daloa, d’Agboville, de Duékoué, de Gagnoa, de San-Pedro, de Duékoué et de Soubré. Le camp présidentiel a également opéré un vaste mouvement préfectoral et sous-préfectoral sur toute l’étendue du territoire et des affectations des commissaires de polices au niveau du district d’Abidjan. Le président ne dissimule d’ailleurs pas ses intentions répressives puisque lors de l’installation de la CRS de Divo le 23 août dernier, il n’a pas hésité à la face de la nation et du monde à donner l’ordre à cette compagnie de mater tous ceux qui se rebelleront contre la république. Bien entendu la république c’est lui Gbagbo comme il ne cesse de le faire savoir aux ivoiriens depuis 10 ans.

Lorsque l’on observe la carte électorale, les élections présidentielles se joueront au sud notamment à Abidjan avec plus de 43% du corps électoral  et dans une certaine mesure à l’ouest. La préparation de la répression vise surtout les villes où la mobilisation pour faire barrage au déni de nationalité par la radiation des citoyens sur la liste électorale a été des plus massives et des plus fortes.

Les choses apparaissent clairement. Le puzzle d’un vaste projet de confiscation du pouvoir est en marche. Quand aux autres fractions de la haute bourgeoisie, notamment celles regroupées au sein du RHDP, elles menacent déjà en déclarant ne pas vouloir se laisser voler « leur victoire » électorale. Elles font mine de se préparer contre le camp présidentiel qui ne manque pas lui aussi de proférer des menaces. Si les menaces reposent sur une volonté et une stratégie réelles de part et d’autre, il n’y a pas de doute que chaque camp de hauts bourgeois se prépare à une guerre civile réactionnaire sous l’œil attentif de leur maître impérialiste dont chacun d’eux espère avoir la faveur. Dans leur comportement, ces fractions de hauts bourgeois font tout pour cacher au peuple les préparatifs de leur affrontement. Elles sont toutes prêtes à se servir des masses populaires  comme d’un marchepied pour faire pencher la balance en faveur d’un camp ou de l’autre. Il appartient donc au peuple de se saisir de cette fin de crise pour accentuer la préparation du renversement du pouvoir néocolonial de la haute bourgeoisie en vue d’ériger sur les cendres de cet Etat néocolonial une république démocratique et moderne. Le moyen le plus sûr d’y parvenir est la mise en place d’un gouvernement révolutionnaire provisoire qui assurera l’entente et la paix entre les peuples et les nationalités de notre pays.

FARABA JUNIOR

juniorfaraba@yahoo.fr

 

 

UNE POLITIQUE NATIONALE INTELLIGENTE NE PEUT IGNORER L’HISTOIRE DU PEUPLEMENT DE LA COTE D’IVOIRE 

 

Les tenants du courant national-chauvin sont incapables de résoudre la question nationale dans notre pays. Le débat identitaire fait rage en Côte d’Ivoire aujourd’hui à la faveur du processus d’identification. Débat ayant court depuis presque quinze ans maintenant. Le courant national chauvin dont le porte flambeau actuel est le front populaire ivoirien (FPI) détermine la nationalité ivoirienne par la consonance des patronymes. Ce courant dispose que les patronymes se retrouvant au-delà des frontières nord du pays sont suspects au regard des critères de la citoyenneté ivoirienne. Il ne tient pas compte des critères définis par  la législation ivoirienne sur la nationalité, mais, part d’une approche discriminatoire des diverses cultures pour faire prévaloir, à priori quelques-unes d’entre elles. Pour montrer  l’ignorance par ce courant de la réalité ivoirienne en mouvement vers le progrès, il est important de retourner dans l’histoire des migrations des peuples voltaïques et des peuples au nord de la Côte d’Ivoire en général. Pour se faire retournons à la période coloniale.

Indiquons que les premières migrations vers notre pays en provenance de l’ancienne Haute Volta datent de 1890 à 1919. En effet, en Haute-Volta comme dans les autres colonies, l’abolition de l’esclavage de case pendant cette période apparut comme l’une des manifestations de la volonté du colonisateur de détruire le mode de production traditionnel, d’affaiblir les anciens maitres et de déstabiliser les structures sociales de productions. Cette abolition de l’esclavage de case fut matérialisée par la création de villages dits de « liberté » constitués d’anciens esclaves arrachés à leurs maitres. Ainsi furent créés les villages de Bobo-Dioulasso (1899) dans le cercle de Sikasso, Ouahigouya (1900), Ouagadougou (1902) dans le cercle du Lobi, Dori (1908) etc. ces villages de liberté, comme les appelle Denise Bouse,  étaient une excellente solution pour l’exécution du portage, des ouvriers, des guides, des bergers. Ils fournissaient aussi de la main d’œuvre à portée de main. Les habitants des villages de liberté furent parmi les premiers convoyés par les colons en Côte d’Ivoire. Après cette période, la question de la mise en valeurs des colonies se posa avec acuité. Outre la Haute-Volta qui fut sollicitée pour la fourniture de travailleurs en grand nombre à destination de la Côte d’Ivoire, les Dahoméens, les Sénégalais et les guinéens furent à leur tour sollicités au chemin de fer entre 1910 et 1911 pour la fourniture d’ouvriers spécialisés.

La seconde phase de migration se situe entre 1919 et 1947. Pendant cette période la Haute-Volta a fourni de la main d’œuvre issue du peuple « mossi ». La population moré qui était de la colonie de Haute Volta était très nombreuse et comparativement aux autres colonies, elle avait une densité très forte (11hbts/km² contre 5,60hbts/km² en Côte d’Ivoire). C’est alors que cette colonie devint l’objet d’un enjeu majeur entre d’une part, les autres colonies françaises et d’autre part, entre les deux puissances rivales, la France et la Grande-Bretagne. En effet, l’administration française comprit que les voltaïques, habiles travailleurs, pouvaient jouer un grand rôle dans la mise en valeur de la colonie voisine qu’était la Côte d’Ivoire à condition d’être canalisés et embrigadés. Ainsi en 1919, année de la création de la Haute Volta, la Côte d’Ivoire connaissait des difficultés de recrutements de travailleurs. Les désertions sur les chantiers étaient de l’ordre de 30à 50% à cette époque. Le déficit de travailleurs sur les chantiers forestiers était de l’ordre de 10 à 50%. Par exemple pour 2000 hommes nécessaires pour les travaux  d’infrastructures (wharfs, lagunes, chemin de fer, remblais de Bassam, etc.), la colonie de Côte d’Ivoire ne disposait que de 1600 hommes. Pour répondre aux besoins du commerce, des activités agricoles et de l’industrie du bois, il fallait 100.000 hommes au lieu de 40.000 à 50.000 hommes fournis par la colonie de Côte d’Ivoire. Dès lors, la main d’œuvre voltaïque apparut indispensable sur les chantiers de Côte d’Ivoire et des autres colonies françaises. « C’est ainsi que lors de la construction du chemin de fer Thiès-Kayes-Niger, on tapait dans le mossi, la Côte d’Ivoire pour son chemin de fer tape dans du mossi ; les coupeurs de bois montent de la lagunes et tape dans le mossi » selon Albert  Londres qui visita  la Haute-Volta dans l’entre deux guerres (Cf. Jacques L. TOKPA : Côte d’Ivoire, L’immigration des Voltaïques  (1919 – 1960), page 14). L’administration coloniale prit donc un certain nombre de mesures pour garantir et organiser la venue des populations voltaïques et des autres colonies vers la Côte d’Ivoire pour la mise en valeur de cette colonie. La première décision fut la création de villages de «colonisation» mossi en CI en 1933 par le gouverneur Reste. Le pays Gouro fut choisi car situé à la lisière de la forêt et de la savane. Quatre villages se retrouvaient à proximité de Bouaflé. Il s’agit de Koudougou sur la route de Yamoussoukro, Garango sur la route de Daloa, Koupéla et Tenkodogo sur la route de Zuénoula, les villages de Koudougou et Ouagadougou sur la route de Bouaké autour de Zuénoula et le village de Kaya sur la route de Bouaflé. Les rôles assignés à ces villages de «colonisation» étaient de fixer des paysans venus du nord et trop à l’étroit dans leurs pays d’origine en des régions plus fertiles où ils trouveraient des terres à leurs convenances et des cultures rémunératrices, d’attirer autour de ces noyaux fixes de population des éléments de même origines qui, pour une ou plusieurs saisons, viendraient louer leur services afin de détourner le courant migratoire précédemment orienté vers la Gold-Coast. La deuxième décision fut le démembrement de la Haute-Volta entre trois colonies (la Côte d’Ivoire, le Soudan français, et le Niger). Ainsi, le 13 juillet 1937 un décret créa, à compter du 1er janvier 1938 la Haute Côte d’Ivoire. Les cercles de Ouagadougou, Kaya, Tenkodogo, Koudougou, Gawa et Bobo-Dioulasso furent rattachés à la Côte d’Ivoire afin d’avoir un contrôle totale de l’administration coloniale pour le recrutement qui fut dominé par le travail forcé. En effet, le commandant de cercle de Dédougou disait en 1924 : « tant que la réquisition ne sera pas ordonné, je doute fort que nos entreprises industrielles et agricoles puissent attirer un nombre de volontaires suffisants uniquement par les avantages qu’elles offrent ». De 1932 à 1947 les travailleurs voltaïques recrutés sur les chantiers furent partie intégrante de la Côte d’Ivoire.

Enfin, la troisième phase de l’immigration date de 1947 à 1960. Elle est marquée par son caractère libéral et organisée. Ces recrutements furent réalisés par les soins de l’Etat colonial, les employeurs privés regroupés plus tard en SIAMO (syndicat interprofessionnel d’acheminement de la main d’œuvre) et des paysans ivoiriens qui utilisaient le métayage. Cette période est aussi marquée par trois événements : l’abolition du travail forcé (1946), la reconstitution de la Haute-Volta (1947), et l’institution du code de travail (1952). Le contrat de travail devint ainsi la boussole de tous les recrutements. Pour ce faire, vu les difficiles conditions de déplacement, des centres d’hébergements furent créés à partir de 1934, et en 1948 il existait 04 centres en Basse Côte d’Ivoire (Abengourou, Agboville, Bouaké et Abidjan) et un à Bobo-Dioulasso en Haute Côte d’Ivoire. Le centre de Bobo-Dioulasso recevait les demandes de main d’œuvre de la part de l’office du travail et les répercutait sur les différents cercles. En 1946, les gares de départ des travailleurs voltaïques furent Bobo-Dioulasso, Banfora, Ferké, Katiola et Bouaké. Ces travailleurs étaient  par la suite repartis sur trois secteurs de destination qui étaient Abidjan, Agboville et Dimbokro. Des villages ou quartiers de travailleurs voltaïques furent créés. Chaque ville du rail avait son Mossikro.

Comme nous venons de le voir la conception vulgaire sur laquelle les tenants du courant national-chauvin se fondent et selon laquelle ces personnes n’ont rien chez elles, ce pourquoi, elles sont venues envahir la Côte d’Ivoire est une déformation de l’histoire. L’immigration en Côte d’Ivoire est un fait historique et est une part de notre histoire commune que nous devons assumer tous. Cette immigration est d’origine diverse. Nous n’avons évoqué ici que celle des Moré qui est un des cas les plus emblématiques. Toute solution de la question nationale qui externalise la langue Moré et le peuple qui en est le support restera toujours une solution inapplicable. Dans ce sens, le législateur ivoirien a été très mal inspiré en supprimant le droit du sol en 1972 pour le remplacer par le droit du sang. Le droit du sol permet de résoudre avec le moins de douleur possible la question de la nationalité en Côte d’Ivoire.

La question nationale a ceci de caractéristique que si vous ne la résolvez pas ou si vous la résolvez mal, elle vous suit toujours. C’est pourquoi, la solution proposée par le pouvoir actuel de naturaliser des ivoiriens externalisés par des décisions politiciennes ne fait que reporter les problèmes à plus tard.

MARIE-CRISTELLE DJEDJE

Macrydjedje@yahoo.fr

 

Les propositions faites au peuple par les partis des hauts bourgeois passent sous silence des questions essentielles : la lutte contre les criminels politiques et économiques. L’ignorance de ces questions ôte tout crédit aux promesses des hauts bourgeois. Le P.C.R.C.I compte s’adresser au peuple de Côte d’Ivoire les prochains jours à propos de ces questions et de bien d’autres.

Publié dans politique

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